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lundi 16 juin 2014
mercredi 11 juin 2014
¿Por quién votaron los Colombianos en el exterior en las elecciones presidenciales colombianas de 2014 ?
| Protesta de Colombianos en Paris (Trocadéro, noviembre de 2013) en contra de la destitución de Gustavo Petro |
¿Pero por quién votaron los Colombianos en el exterior, es decir un potencial de 1,1 millón de votantes, y de 200,000 votos ?
| Numéro de votos de cada candidato de la primera vuelta obtenidos en los consulados colombianos en el exterior |
Lo mas soprendrente es la diferencia entre los dos principales candidatos (Zuluaga y Santos), Zuluaga le lleva casi el doble de votos al candidato Santos. Aunque a nivel nacional, Ramirez llega de tercera, para los Colombianos en el exterior, Peñalosa o López consiguen mejores resultados que la candidata conservadora.
Pero estos datos disimulan preferencias políticas muy diferentes según el país de residencia de los Colombianos en le exterior. Por ejemplo, los Colombianos de Europa (Francia, Inglaterra, Países Bajos, Alemania, Suiza, Italia) y de Oceanía (Australia) muestran una tendencia mas de izquierdas que los Colombianos del continente américano :
| % medio de votos obtenido por cada candidato en cada país según región de ubicación del país |
lundi 23 septembre 2013
La répression meurtrière des mouvements sociaux en Colombie : État des lieux d’un modus operandi classique de la politique colombienne
Alors que la Colombie connaît le dénouement d’un bras de fer long de
trois mois, opposant l’État au mouvement social paysan le plus important de ces
trente dernières années, il est temps de faire le point sur les méthodes de
répression des mouvements sociaux opérées par l’État Colombien et en particulier par le gouvernement centriste de Santos.
Opposé à la politique de développement économique du gouvernement, notamment aux
effets négatifs du Traité de Libre Commerce[1]
avec les États-Unis, le mouvement paysan démarré au nord-est du pays (dans la
région du Catatumbo) et relayé dans la plupart des zones rurales, ainsi qu’en
milieu urbain, a en effet subi une répression violente de la part du gouvernement. Ce dernier s’est contenté d’opposer des accusations de terrorisme et des
balles réelles[2]
à la révolte rurale, avant de se résoudre, acculé par une opinion publique
désormais retournée contre lui, à négocier avec les organisations paysannes.
Dès le début du mois de juillet, alors que le mouvement ne s’était pas encore exporté
au-delà du Catatumbo, on dénombrait déjà 4
morts et plus d’une cinquantaine de bléssés[3].
S’il est encore prématuré d’établir un bilan national quantitatif des victimes
de la répression, on peut cependant dresser un état des lieux des différentes
pratiques de répression recensées à travers le pays.
Une
commission de rapporteurs des Droits de l’Homme, composée de membres d’ONG et de journalistes indépendants, a
observé que l’ESMAD (Escuadrón
Móvil Antidisturbios, la police anti-émeutes), s’est comporté comme une
véritable « armée d’occupation supplantant l’autorité civile et
violant systématiquement les droits de l’homme » dans la région andine proche de Bogota, Boyaca. La commission recense, parmi les exactions commises, des
tirs d’arme à feu, des agressions à l’arme blanche contre la population
civile, des abus sexuels commis contre
de jeunes gens, ainsi que des menaces d’agressions sexuelles proférées à
l’encontre de filles et de femmes de paysans. Le rapport de la commission
stipule également que des actes de torture ont été commis par la force publique
et déplore l’usage intempestif de gaz lacrymogènes parfois dirigés contre des
écoles primaires ou lancés depuis des hélicoptères de façon indiscriminée sur
des personnes rassemblées fortuitement[4].
![]() |
| Paro agrario, Boyacá, septembre 2013, FLICKR.com, libre de reproduction |
Les médias
importants du pays avaient quant à eux, entamé au début du mois de juillet, une campagne de criminalisation
du mouvement, accusant les manifestants d’être infiltrés par deux guérillas concurrentes, les
Forces Armées Révolutionnaires de Colombie[5] et l’Armée
Populaire de Libération Nationale[6]. Pour sa part, le gouvernement a tenté sans succès de nier
la dimension nationale du mouvement[7]. En déployant une telle panoplie répressive et en obéissant à cette triade « criminalisation, persécution et répression », le traitement politique et médiatique du mouvement paysan, s’inscrit pleinement
dans la tradition politique du pays.
Le récent rapport[8]
publié par le centre
de mémoire historique faisant le point sur cinquante années de conflit, comporte d'ailleurs un
chapitre intitulé « Criminaliser, persécuter, réprimer : les dommages
causés par la guerre à la démocratie ». Ce rapport définit les dommages politiques comme
des « actes prémédités commis par des acteurs armés [avec l’appui] des
élites locales et régionales, pour empêcher, faire taire ou
exterminer [des] organisations, mouvements, partis, leaders et théoriciens
politiques considérés comme dangereux et contraires aux objectifs et aux
intérêts desdits acteurs armés ». Or, de tels « dommages politiques » ont été commis par l’ESMAD, principalement contre des leaders syndicaux, lors du mouvement de juillet-août 2013, faisant du syndicalisme en Colombie une
activité toujours très dangereuse. En témoigne sur l’ensemble de ces douze dernières années, le nombre d’assassinats de
syndicalistes, plus élevé que
celui des journalistes, maires et conseillers municipaux réunis. Si ce nombre diminue
depuis les années 2000, le phénomène persiste toujours avec plus de 20 syndicalistes assassinés l’an
dernier[9].
[1] 22 aout 2013, « El
paro nacional agrario en Colombia », www.marchapatriotica.org
[2] Reportage de Cine Latina,
Canal ITV et de la Agencia Prensa Rural publié par ZT blog Ocana
[3] BELE P., 11 juillet 2013,
« Colombie : les morts du Catatumbo et les négociations avec les
Farc » in « Blogs Regards
Latino », Lefigaro.com
[4] Mission de vérification de
droits de l’homme en Boyaca, 24 aout 2013, « Primer reporte de DD.HH en
Boyaca »
[5] 6 juillet 2013,
« Catatumbo : los correos que implican al lider de la
protesta », Semana.com
lundi 26 août 2013
La réforme agraire ou la guerre? La question de la réforme agraire au coeur des débats et du conflit colombiens
En cette fin de mois d'août, deux débats animent l’opinion publique
colombienne : le mouvement social paysan dans le Catatumbo (au nord-est de
la Colombie, près de la frontière vénézuélienne) et la démission de
l’ambassadeur colombien à Washington. Ce qui réunit ces deux sujets
d’actualités sous une même problématique est sans doute la question de la
répartition des terres.
Le mouvement social du Catatumbo est alimenté par les revendications de
paysans (que le gouvernement centriste de Juan Manuel Santos accuse de cultiver
de la coca) qui aspirent à créer des zones de réserve paysanne. Le processus de
création d’une zone de réserve paysanne consiste à regrouper en collectivités des
paysans dépossédés de leur terre, pour demander une aide financière du type micro-crédit
à l´État et financer ainsi des infrastructures agricoles durables au sein de
terres non productives appartenant à l’Etat. Ces petites propriétés collectives
qui ressemblent aux kolkhozes soviétiques ne sont qu’un des volets de la
politique agraire colombienne qui vise à restituer les 5,5 millions d’hectares
dont les paysans ont été dépossédés et à fléchir ainsi la concentration des
propriétés agricoles dont le coefficient de GINI s’approche de 1. Or, dans
le Catatumbo, ces demandes se sont manifestées par des marches pacifiques qui ont
ensuite dégénéré lorsque des tirs à balle réelle[1] des policiers anti-émeute ont tué quatre personnes et fait une
cinquantaine de blessés parmi les manifestants[2]. L’affirmation de prétendus liens entre le leader
syndical César Jérez du mouvement Association Paysanne de la Vallée du fleuve
Cimitarra (ACVC) et les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC),
principale guérilla colombienne fondée en 1964, s'inscrit dans le cadre d'une
campagne de discrédit du mouvement social paysan. Discrédit confus puisque les
accusations d’infiltration par la guérilla avancées par le même journal
(SEMANA) concernent un jour les FARC[3], un autre l’Armée Populaire de Libération (EPL)[4], guérilla maoïste concurrente des FARC.
Le gouvernement colombien ne se contente pas de s’opposer à l’octroi des
terres dont les paysans ont été dépossédés par des acteurs armés du conflit, il
propose une remise en cause de la loi colombienne des Baldíos, loi 160 de 1994 qui visait à limiter la concentration
des terres en restreignant la superficie des parcelles à un certain nombre
d’hectares par acheteur en fonction de la qualité du sol. En effet, lors de son
discours du 20 juillet devant le Congrès, le président de la République
colombienne, a annoncé qu’il envisageait la modification de la loi des Baldíos, loi qui stipule à l’heure
actuelle que les terres non-productives appartiennent à l’État et doivent avoir
une fonction sociale. Le journal de référence qu’est El espectador s’est procuré un brouillon de ce projet de loi et
révèle dans le numéro du 24 juillet 2013 qu’en cas de ratification de la loi,
les parcelles acquises avant 1994, pourront être regroupées et mises en
commun par un même propriétaire, laissant ainsi le champ libre aux groupes agro-industriels nationaux et étrangers. A la fonction sociale accordée par la
loi aux terres improductives aux paysans sans terre, le gouvernement préfère
désormais la fonction entrepreneuriale aux bénéfices de ces grands groupes.
L’agro-industrie n’a cependant pas attendu cette initiative du gouvernement
pour agglomérer des terres dans un pays ou la concentration des terres et la
faiblesse de l’État est à l’origine du conflit armé.
Selon la très documentée lettre publique du 11 juillet 2013 du sénateur
Jorge Enrique Robledo (Polo Democrático, gauche), la multinationale agro-industrielle
nord-américaine Cargill aurait
accaparé plus 52 000 hectares de terres paysannes destinées à la réforme agraire,
en violant ainsi la fameuse loi des Baldíos.
Cette acquisition, désormais reconnue comme illégale, aurait été facilitée par
les services du groupe d’avocats Brigard
& Urrutia Abogados. En effet, le groupe d’avocats, dirigé par l’actuel
ambassadeur de Colombie aux Etats-Unis, aurait mis en place un système d’achat
de terres avec deux intermédiaires. Le sénateur colombien cite en exemple une
parcelle qui aurait été vendue (de façon contrainte s’interroge
Robledo ?) 10 millions de pesos, soit 4000 euros, par un paysan à un
fond d’investissement Puerto Bello S.A. Ce
dernier aurait ensuite revendu la parcelle un mois plus tard 2 861 760 000
pesos, soit environ 1,2 millions d’euros et 286 fois la valeur de son prix
antérieur, à une autre société Perla La Vichada
SAS, propriété de … Cargill. Le
sénateur Robledo voit une double faute dans cette transaction complexe qui
n’est qu’un exemple parmi tous les achats litigieux réalisés par 35 sociétés
anonymes propriétés de Cargill. une
faute juridique car elle rend une même personne morale, la société Cargill Riopaila, propriétaire de plus
d’une parcelle, doublée d’une faute morale, car le paysan a été privé de 286
fois la valeur de sa terre.
Selon l’ouvrage Les FARC : une
guérilla sans fin ?[5]
du sociologue français Daniel Pécaut, l’inégale répartition de la terre et la
faiblesse de l’État sont à l’origine du conflit armé colombien. La guérilla s’est en effet fixée lors du manifeste
fondateur de Ríochiquito (1964) de confisquer « les propriétés
latifundistes », et « les
terres occupées par des compagnies impérialistes nord-américaines ».
Lorsque les guérillas qui étaient au nombre de 7 à la fin des années 1980 ont
décidé de négocier avec l’Etat pour devenir des forces politiques légales
jouant le jeu électoral, ce sont les éleveurs et entrepreneurs de Cordoba qui
les premiers ont dénoncé cette démarche comme étant un premier pas « pour
imposer la réforme agraire et noyer la campagne dans la misère » (El
tiempo, du 17 aout 1984). Selon le politiste colombien Mauricio Romero dans Paramilitares y autodefensas 1982-2003,
dans les phases de négociation entre l’Etat et les guérillas (sous le
gouvernement de Belisario Betancur en 1982 et 1986 et lors des débats de
l’Assemblée Constituante de 1991), les élites locales et la bourgeoisie ont
créé des groupes paramilitaires dans le but d’intensifier le conflit avec la
guérilla pour mettre fin à toute possibilité de reconversion des demandes des
guérillas dans le champ politique légal. Les paysans pâtissent doublement du la persistance
du conflit. Celui-ci instaure d'une part un climat d’impunité qui favorise
l’extorsion de terres, les économistes Carlos Felipe Gaviria et Juan Carlos
Munoz montrent d’ailleurs l’existence d’une relation positive entre le
déplacement forcé et la concentration de la terre dans la région rurale autour
de Medellín[6]. Les combats en milieu rural entre les différentes factions engendrent d'autre part des dommages collatéraux qui affectent principalement les petits agriculteurs.
A l’heure des négociations de paix à La Havane entre les FARC et le
gouvernement Santos, la réforme agraire semble être un préalable à la paix. Du
Catatumbo au scandale des baldíos attribués aux multinationales, l’État
colombien doit se montrer ferme dans ce projet de réforme agraire, en affirmant son autorité face
aux groupes agro-industriels, en dépit des incitations au « changement de
modèle agraire » prescrit par El
Espectador du 24 juillet, et solidaire avec les paysans sans terre en
répondant à leur demande de création de Zones de Réserve Paysanne.
[1] Reportage de Cine Latina, Canal ITV et de la Agencia Prensa Rural
publié par ZT blog Ocaña
[2] BELE P., 11 juillet 2013, « Colombie :
les morts de Catatumbo et les négociations avec les Farc » in « Blog
Regards Latinos », Lefigaro.com
[3] 6 juillet 2013, “Catatumbo:los correos que implican a líder de la
protesta”, Semana.com
[4] “Megateo el capo del Catatumbo”, Semana.com
[6] GAVIRIA C. & MUNOZ J.C. , 2007, “Desplazamiento forzado y
propiedad de la tierra en Antioquia, 1996-2004” in Lecturas de Economia n° 66
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